P a S s A G E « Hatàrszèl»
 Installation , structure bois ( Douglas et sapin), bouées , câble acier - L 3mx H 3mxP 3m - Port Maubert - Charente maritime - 2020.

Cette installation, suspension poreuse et mobile, met en oeuvre un processus d’apparition du mouvement inéluctable de « transgression » des limites. La frontière ( en hongrois : hatàr) disparait entre l’oeuvre et le spectateur et ne s’érige plus comme une ligne de démarcation, qui isole et enferme mais devient , à l’instar de la mer, un lieu de passage et d’ouverture où s’opère une circulation, une ou des rencontres possible avec soi ou autrui. On est face à cette nécessité définie par Tillich de « vivre et penser la frontière comme une tension entre deux mondes, deux domaines qu’il faut mettre en dialogue et en communication. » L’oeuvre interactive se mue en parcours initiatique menant à une prise de conscience : La difficulté de changer de perspective, de migrer, de quitter, d’ opérer un changement radical dans un monde en profonde mutation. Notre déplacement est contraint par la traversée des éléments suspendus: se baisser, passer à côté, éviter, contourner, heurter... Le vent ( en hongrois : szél ) augmente cette sensation en s’engouffrant librement dans la structure . Il se matérialise en produisant formes et sons aléatoires amplifiés par nos déplacements . Cette spatialisation sonore permet de captiver l’attention du spectateur, d’accroitre sa perception émotionnelle et expérimentale. À travers une forme en devenir, un chemin où l’informe induit par le geste du visiteur renvoie à l’inédit et au dépassement de soi, les limites imposées ou acceptées sont franchissables, pénétrables et mouvantes. Les frontières ne se situent pas au bout d’un processus de vie mais au centre de chaque être comme ici à l’intérieur de l’oeuvre. Entre flux et reflux , eau et vent , au delà de tout naufrage, dans ce mouvement perpétuel induit par la nature scintille la promesse d’un renouvellement .

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