« LES NOUVEAUX VENUS » (DRAGEONAÉ VITRUVIA CORBUSIA)

   Diffractis au jardin # 3 , Installation modulaire in situ, juin 2018. 

 

" De la construction de leurs demeures les hommes arrivèrent par degrés aux autres arts et aux autres sciences, et leurs mœurs, devenues plus douces, perdirent tout ce qu’elles avaient d’agreste et de sauvage »

Vitruve (De Architectura, 1 er siècle av. JC)  

 

A l’origine de ce projet une vieille cabane traversée par un arbre, un pêcher mort qui n’a vraisemblablement pas survécu à la greffe, à moins qu’une cause accidentelle ou naturelle n’ait eu raison de lui.

Et toujours ce vieux débat : qui de la nature ou de l’homme à travers l’architecture a pris l’ascendant sur l’autre . Ici le bâtit a résisté alors que l’arbre a péri. Reprenant l’idée d’une alliance ou symbiose entre les deux , je me suis intéressée au système racinaire des arbres , comparable à un  cerveau selon de récentes découvertes scientifiques. Ce réseau sous- terrain, accomplissant  de véritables miracles , est le lieu même des échanges et d’entraide de nos rois des forêts qui développent un incroyable mode de communication et une  véritable vie sociale, basée sur l’apprentissage, l’ aide et les souvenirs. les arbres communiquent entre eux, respectent ceux qui étaient là avant eux et se préviennent d’éventuels dangers. Ainsi malades ou mourants les arbres bénéficient des apports de la communauté et peuvent renaitre de leurs cendres.

L'installation propose la naissance d' " arbres - architecture " utopiques qui se reproduiraient naturellement , par biomimétisme en générant des rejets, autrement dit des drageons à partir de ses racines . Une  renaissance issue d’une greffe ou d’une union fantasque entre la nature et l’architecture. 

 Le cube est souvent la base de toute construction architecturale , l’ ossature primordiale d’éléments verticaux supportant la toiture. Un modèle de simplicité, de sobriété qui tend à un certain  minimalisme voir une éventuelle abstraction . C’est le principe même appliqué par l’homme primitif qui observant la nature , aurait eu l’idée de construire une cabane en assemblant quatre grosses branches  dressées à la  verticale, avec au sommet de ces poteaux quatre branches à l’horizontale puis au-dessus de celles-ci deux alignements de branches inclinées réunies en pointe à leur sommet.

Les Drageonaés se présentent comme des modules évolutifs en construction, en devenir, en mouvement vers la formation de nouvelles structures bio-architecturée . Un Work in Progress inspiré et comme  induit par la Nature. Le primitif et le contemporain, la nature et l’architecture fusionnent pour former un nouvel Ordre « originaire » alliant économie des moyens et des matériaux , simplicité et clarté.

Un « Less is more» à la Mies Van Der Rohe.

Karinka Szabo - Detchart

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